Le mariage de la carpe et du lapin

La mise en place du bureau du tout nouveau CSE Nucléaire, vient d’avoir lieu. Les élus CGT, UNSA et CFE CGC ont élu le secrétaire, son adjoint, le trésorier et son adjoint.

Replantons le décor : la CGT est forte de 8 titulaires, l’UNSA de 7 et la CGC de… 1.

Le secrétaire CGT, a été élu avec 10 voix : celles de son camp, celle du président (il a le droit de voter et de choisir son interlocuteur « privilégié ») et celle de la CGC.

Pour le remercier de cet acte de générosité, l’élu CGC a été élu au poste de trésorier grâce aux voix de ses nouveaux camarades cégétistes.

Et l’on assiste aujourd’hui au mariage de la carpe et du lapin. Car oui, ce mariage n’est pas celui d’idées que l’on partage mais une envie folle du pouvoir.
L’UNSA a eu la naïveté de croire que la CGC est un syndicat en opposition au conservatisme mais force est de constater que ce n’est pas le cas.
Après avoir fait liste commune avec la FO, liste qui n’a pas eu de succès lors des élections professionnelles, voilà la CGC qui se trouve un nouvel ami en la CGT. Mais que cherche-t-elle ? « Travailler avec toutes les organisations syndicales », dira son représentant. Vraiment ? Si cela avait été le cas, on aurait sans doute retrouvé un élu UNSA au bureau du CSE Nucléaire. Mais il n’y en a pas. Pourquoi ? L’UNSA Mulhouse a su partager en laissant à la CGC le poste de secrétaire adjoint et un autre à la commission santé, sécurité, conditions de travail (CSSCT).

Depuis que l’UNSA a été créée et est la première organisation syndicale de l’entreprise, elle a donné des signes forts d’ouverture en partageant les postes clés avec la FO, la CGT et la CGC. Elle a aussi porté différentes négociations en y associant ces dernières.
Les résultats des dernières élections professionnelles a conforté sa place de leader à l’UNSA ce qui semble « hérisser le poil » des autres syndicats. FO n’est plus représentative puisque son score est en-deçà des 10 %. Quant aux deux autres, ils ont décidé d’une nouvelle association. Qu’ont-ils en commun ? Un projet de société ? Une volonté de négocier une meilleure qualité de vie professionnelle pour les salariés ? Veulent-ils être les parangons du syndicalisme ?

Souhaitons que ces syndicats qui s’essoufflent dans la course effrénée au « vouloir paraître » sauront retrouver leur identité quand il s’agira d’améliorer, de défendre, les droits des salariés. Si tant est que leur agitation ne finisse en apathie.