NAO 2ème réunion

NAO = Négociations Annuelles Obligatoires. Comme son nom l’indique, il est obligatoire de négocier mais pas d’aboutir à un accord. Cette année un peu plus qu’une autre, nous le sentons bien. Est-ce dû simplement à la pandémie…

Après que la DRH nous ait brossé un bilan pessimiste de l’année passée lors de la 1ère réunion, nous avons entre temps reçu de M.Guilleminot les vœux pour cette nouvelle année. Il nous explique que « l’entreprise va bien ». En fait, nous nous demandons si ces 2 personnes font bien partie de la même entreprise.

Avec le passage à Operis, la direction est toujours incapable de donner des chiffres sur le bilan 2020. Mais la décision a été prise de donner 24 millions aux actionnaires fin novembre ! L’année ne s’annonçait pas si mal que ça. Lorsque nous faisons les comptes avec le peu d’informations que nous avons, l’entreprise consacrerait à peine 1 million pour les NAO. 24 fois moins ! Pensez-vous que les salariés soient 24 fois moins importants pour faire fonctionner l’entreprise que les actionnaires ?

Grâce aux efforts de chacun, au dévouement de ceux qui ont continué, malgré le risque de contamination à travailler notamment sur les chantiers, EES-Clemessy a gagné de l’argent en 2020. Certes, l’entreprise s’est moins enrichie que ce qui avait été prévu avant la pandémie. Mais l’entreprise a gagné de l’argent ! Je précise l’entreprise parce que pour ce qui est des employés c’est une toute autre affaire ! Entre

  • l’activité partielle et la perte de salaire,
  • le travail à domicile et les dépenses supplémentaires,
  • les difficultés pour manger et se loger en chantier

On ne peut pas dire que les employés aient gagné quoi que ce soit. Ils en sont même de leur poche !

Quand on fait les comptes de ce qu’on nous propose, là où les années précédentes, la direction s’engageait sur 60% des salariés augmentés, cette année elle ne s’engage pas et estime à environ 20% de salariés augmentés ! Oui ! 3 fois moins ! Est-ce que 3 fois moins de personnes ont fait des efforts ?

On nous a demandé d’être inventif dans nos propositions mais lorsqu’on soumet des choses qui sortent de l’ordinaire, on nous répond que ce n’est pas le moment.

  • Les 37h/12J de RTT pour tous les sédentaires, … ce n’est pas le moment !
  • Revoir les définitions de poste qui ont évolués depuis 20 ans, … pas tout de suite !
  • Un coup de pouce pour ceux qui ont subi de l’activité partielle, …ce n’est pas simple à faire !
  • La dotation sur les équipements technologiques, …on va faire une étude !
  • La possibilité d’alimenter le CET au-delà de février, …c’est compliqué !

Bref, il y a toujours une mauvaise excuse.

Quand d’autres proposent de monétiser les congés, la direction retient l’idée, cela permettrait de vous faire travailler plus ! A l’UNSA nous sommes contre !

Les propositions de la direction ont évolué mais vraiment avec parcimonie. Elle propose maintenant :

  • Une enveloppe globale à 0,6% de la masse salariale.
  • Un seuil de passage en commission sectorielle [1] à 1675€ au lieu de 1650€
  • Pour tous les accessoires de salaires, rien de plus qu’à la 1ère réunion
  • La médaille du travail à 25€ au lieu de 24€ par année d’ancienneté
  • Si vous avez la chance de bénéficier d’une rare augmentation individuelle
    • Si votre salaire brut est supérieur à 2600€ => augmentation individuelle au minimum de 2%
    • Si votre salaire brut est inférieur à 2600€ => augmentation individuelle au minimum de 3%
  • Pour tout le reste, c’est comme la 1ère réunion, quelques rares augmentations de 0,5% sur certains accessoires de salaire tels que prime de poste, indemnité kilométrique, …

Vu le peu d’avancé entre la 2ème et la 3ème réunion, ne nous attendons pas à un miracle. Mais, à l’aube d’un énième confinement, il serait temps que la direction reconnaisse les efforts produits par les salariés et autrement qu’avec une obole.

A bon entendeur.

François Teinturier

Secrétaire général UNSA Clemessy Eiffage

[1] Commission sectorielle : Lorsqu’un salarié n’a pas été augmenté depuis plus de 3 ans ou qu’il a un salaire brut sous le seuil actuel de 1650€, la direction doit expliquer aux représentants syndicaux les raisons afin de vérifier qu’il n’y ait pas de discrimination ou autre difficulté.

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